Le Bistrot du Curé Poitiers - Entraide à la recherche d'emploi

Avril 2005.

Chaleur humaine, convivialité, conseils pratiques, soutien psychologique,... c'est le seul cocktail que l'on sert au Bistrot du curé. Samedi 23 avril, comme chaque mois, le bistrot qui se tient dans un vrai bistrot (Love Money Café) était ouvert. On en a profité pour se rafraîchir un peu les idées. Explications...

Père Jérôme, parlez-nous un peu de vous, vous êtes vraiment curé ?

J'ai 37 ans. Je suis curé à Smarves près de Poitiers. Et, un samedi par mois au Love Money Café, je tiens une permanence avec des jeunes professionnels et des anciens du lycée Les Feuillants, dans le but d'accompagner d'une manière informelle ceux qui recherchent un emploi. On leur donne des conseils pour améliorer leur CV, pour trouver des pistes, des adresses pour tisser des liens,... On leur donne l'occasion de s'exprimer. On les encourage sans jamais les juger.

Qui peut y participer ?

Tout le monde est bienvenu : les actifs, retraités, fonctionnaires, membres d'associations et, bien sêr, tous les demandeurs d'emploi qui souhaitent s'exprimer ou avoir un avis. On n'est même pas obligé de consommer, ni d'être membre de quoi que ce soit, ni même d'être croyant. Toutes les expériences sont bonnes à prendre...

D'où vient l'idée de départ ?

C'est assez récent. Cela fait quatre à cinq mois que "le bistrot du curé" existe. Initialement, il avait pour but d'aider les jeunes qui sortaient du Lycée des Feuillants avec un diplôme mais sans expérience. Ils avaient du mal à décrocher ce premier emploi qui leur donnerait l'expérience nécessaire pour leur vie professionnelle. Car en France, il y une culture du diplôme qui n'est plus forcément adapter aux besoins des entreprises. Maintenant, on reçoit tous les demandeurs d'emploi. D'ailleurs, on a parfois un peu de mal à en trouver. Car, ils sont plutôt discrets et n'aiment pas parler de leur situation.

Qu'apportez-vous par rapport à l'ANPE ?

Ce que les services publics ne peuvent apporter : l'écoute, le soutien... L'ANPE, l'APEC et certaines mairies font très bien leur travail mais ils restent des lieux très impersonnels. Les mesures gouvernementales sont certes utiles : création d'une haute autorité contre les discriminations, notamment. Mais, je crois qu'il ne faut pas tout attendre de la collectivité. Les demandeurs d'emploi ont besoin d'aide matérielle et financière mais pas uniquement. Ils ont besoin de retrouver une dignité.

Concrètement, que dites-vous pour leur remonter le moral ?

Je leur dis qu'on peut être petit, triste, sans diplôme et trouver du travail ! C'est un peu provocateur, mais c'est vrai. Il faut montrer sa rigueur, son honnêteté, sa fierté. Si on a des problèmes, il faut également savoir vendre son handicap. Pour travailler, on a besoin de confiance et d'inspirer confiance. Concrètement, on travaille beaucoup par "coaching". C'est à dire qu'un jeune qui vient de trouver un emploi aide un autre à en trouver un. On incite également les demandeurs d'emploi à ne pas s'isoler mais au contraire à profiter de cette période pour faire des rencontres, tisser des liens.

C'est une nouvelle vocation pour l'église ?

En tant que prêtre, je déplore cette démission du tissu social qui incite chacun ou chaque groupe à se replier et à s'éloigner les uns des autres. Pour l'église, le travail est un des éléments qui concourent au bonheur.

Vous êtes curé mais aussi auteur ?

Vous voulez parler du livre que j'ai écris à la mémoire de l'abbé Bonnin, curé à Smarves et qui est mort en déportation à Buchenwald. Je l'ai écris pour commémorer le soixantième anniversaire de sa mort. On peut trouver cet ouvrage chez tous les grands libraires de la Vienne.

Dernière question, un peu indiscrète : Que pensez-vous du nouveau pape ?

L'arrivée d'un nouveau pape, c'est comme l'arrivée d'un nouveau prêtre dans une paroisse. Au début, on regrette l'ancien et puis quelques mois après, on aime autant le nouveau...

Merci au père Jérôme et aux responsables du Love Money Café pour leur chaleureux accueil. Prochain Bistrot du curé : les 14 mai et 18 juin. Sachez également que le bar organise le dernier vendredi du mois, un "Bistrot des signes" destiné aux sourds et malentendants, ainsi que des débats sur l'esprit d'entreprendre appelés "mardinoustoo", le premier mardi de chaque mois.

Pour plus d'infos : contactez le 05.49.55.21.08 ou connectez-vous sur http://www.lebistrotducure.com ou http://www.lovemoneycafe.fr ou http://www.mardinoustoo.com

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